Vie de la SCOP

Le rôle du PDG chez Dynalec

Fabrice

Fabrice Audrain est PDG de Dynalec depuis le passage en SCOP en 2012. Dans la continuité de nos articles qui vous présentent les équipes, il nous livre ici sa vision du rôle de PDG ici chez Dynalec.

Un peu d’histoire

Avant d’entrer dans le vif du sujet du rôle du PDG chez Dynalec, il nous semble important de revenir un peu en arrière. Le projet de passage en SCOP de Dynalec et sa vision comme une entreprise actrice de la transition a été, au démarrage, présenté et initié par Fabrice et Sophie. La première élection du PDG a placé logiquement Fabrice au rôle de PDG afin de lancer le projet et prendre, avec le reste de l’équipe ce chemin de la transition.

Au bout de 5 ans les statuts nécessitaient la réélection du PDG.

Cela a été l’occasion de poursuivre l’accompagnement vers la transition. Cette élection a été l’opportunité de vivre ce qui arrivera un jour ou l’autre, le départ de l’actuel PDG et donc d’expérimenter tous ensemble le processus d’élection sans candidat.

C’est donc aussi cela, le rôle du PDG chez Dynalec, préparer les collabor’acteurs à l’autogestion et s’en remettre à l’équipe, qui pouvait librement considérer que Fabrice n’était plus l’homme approprié pour tenir le rôle. Il s’agit donc de remettre en question sa place ce qui représente un gros travail pour le dirigeant, sur la confiance en soi, en l’avenir et en ses propres capacités pour rebondir.

Cette élection, qui a réélu Fabrice, a eu lieu fin 2017 pour 6 ans, nous sommes donc aujourd’hui à mi-mandat de cette seconde élection.

Le rôle du PDG chez Dynalec

Fabrice Audrain PDG Dynalec

 

Revenons désormais au rôle du PDG chez Dynalec. Pour Fabrice cela a consisté depuis 2012 à accompagner le changement, autour de son leitmotiv quotidien

« comment libérer les énergies des femmes et des hommes qui font Dynalec. Comment à travers ce travail de libération des énergies Dynalec peut elle-même exprimer pleinement sa singularité, en relevant notamment les défis RSE ».

Cette vision résolument humaniste fait partie de l’ADN de Fabrice et est également liée à son parcours universitaire. Ce n’est pas totalement par hasard qu’il s’est formé au CESI (Centre d’étude Supérieur Industriel). Une école d’ingénieur, qui forme des cadres généralistes qui ont vocation à manager des hommes avec une réelle dimension humaniste. Car le point de départ de tout cela est la vision de ce que représente l’Homme, le collaborateur aux yeux du PDG et Fabrice en est convaincu, c’est bien lui qui fait la richesse de l’entreprise.

Pour Fabrice, le rôle du PDG reste donc éminemment lié au savoir être du dirigeant et, chez Dynalec, cela consiste à animer, accompagner la transition vers un modèle ou l’autorité est transférée au collectif. Rappelons que chez Dynalec toutes les décisions sont prises collectivement, et quasiment toutes par consentement. Le rôle du PDG chez Dynalec est donc de créer un collectif solidaire, responsable de son activité et donc de son avenir tout en respectant les fondements du convivialisme.

« l’Homme occupe une place importante dans l’organisation, c’est une ressource, une énergie qui doit pouvoir trouver librement sa place. L’entreprise doit être un lieu d’épanouissement de l’humain, un laboratoire, où il devient possible d’apprendre le vivre ensemble dans le respect des uns et des autres et de notre Environnement. C’est ce qui fait la richesse des entreprises libérées, car les organismes sont eux-mêmes sur le chemin de leur propre libération. Cela a été un gros travail chez Dynalec pour accompagner les collabor’acteurs sur ce chemin, dans cette transition. C’est un vrai travail de management pour créer un système autonome et résiliant. »

Les missions du PDG chez Dynalec

Plus concrètement, les missions du PDG chez Dynalec sont aussi d’orienter, guider, soutenir des évolutions organisationnelles et techniques. Par exemple, la mise en place d’un processus de production semi-industrielle, accompagner le lean, accompagner la structuration organisationnelle de l’unité de production, assumer le poste de Président du CA, représenter l’entreprise à l’extérieur, auprès des clients et d’autres dirigeants d’entreprises pour présenter l’organisation, assurer une présence dans différents réseaux pour porter le message de nouveaux modèles d’entreprises qui accompagnent la transition pour un autre monde etc. Tout cela nécessite une bonne santé et une grosse dimension de formation et d’accompagnement sur le long terme.
En résumé le PDG a une stratégie, une vision et il dirige comme cela se fait dans les autres entreprises, à la différence qu’ici il y a un mode organisationnel différent. Si chez Dynalec le PDG est un créateur de lien, il doit aussi accompagner son départ et cela n’est pas courant dans les entreprises.

En effet, Fabrice doit faire en sorte d’être de moins en moins utile, soit de moins en moins présent, car ici son rôle est de tendre vers l’autogestion. En 8 ans il y a eu 2 temps forts d’absence du PDG 3 mois, puis 1 an, qui n’ont pas été innocemment choisis.

« Cela fait partie du processus de libération et d’autonomisation de Dynalec. C’est cela accompagner le changement, nous tendons vers un rôle de plus en plus discret du PDG, nous en sommes là aujourd’hui ».

Le rôle de Fabrice, aujourd’hui, est maintenant de concentrer son énergie à faire rayonner la richesse de Dynalec, au travers notamment de la PPI. Cela, autour de projets citoyens et territoriaux avec une vocation de faire de l’économie durable et participer ainsi à la transition écologique et sociétale.

« Mon rôle est de servir notre vision d’un monde plus convivialiste et donc de trouver des projets qui sont dans la même dynamique que Dynalec, les soutenir financièrement et accompagner la transition au-delà des murs de Dynalec ».

Et Demain

« Au sein de Dynalec ma volonté est d’amener encore plus de travail sur la libération des talents des uns et des autres, je focalise donc sur un travail sur soi, cela rejoint ma formation initiale. J’ai toujours regardé l’entreprise, dans laquelle nous passons beaucoup de temps, comme un lieu dans lequel nous pouvons nous épanouir, prendre confiance, prendre nos responsabilités, grandir. Je suis convaincu que l’entreprise peut aussi jouer un rôle dans la quête de soi ».